RETOUR ACCUEIL
Jeudi
10
Avr 2014
PESEE DES TORTUES
En Avril, lors de votre visite à la Ferme aux Croco...
 
Mardi
04
Mars 2014
Mardi-Gras
Rendez-vous à la Ferme aux Crocodilesmardi 04 mars...
 
Samedi
19
Oct 2013
VACANCES DE TOUSSAINT
Animations ludiques et pédagogiquesDurant les vacan...
 
Samedi
12
Oct 2013
FETE DE LA SCIENCE
A l'occasion de la Fête de la Science, venez décou...
 
Vendredi
11
Oct 2013
NOCTURNE
Dans le cadre de la Fête de la Science, en collabor...
 
Accueil - Protéger - Sciences & recherches - [New] Températures d'incubation

 

Jean-Michel Mazin et Romain Amiot, chercheurs au CNRS de Lyon, cherchent à prouver que l'on peut déterminer, à partir d'un bébé crocodile et des molécules d'oxygène présentes dans ses cellules, à quelle température son oeuf a été incubé. La Ferme aux Crocodiles leur a fournit un local et des incubateurs, puis à réalisé le suivi de l'expérimentation pour les aider dans leurs recherches.

 

L’embryon des vertébrés amniotes ovipares (reptiles, oiseaux, certains mammifères) se développe dans un œuf, milieu clos partiellement isolé de son environnement. Cet œuf fournit à l’embryon tous les éléments nécessaires à son développement: protection mécanique et bactériologique, nutriments, eau, température stabilisée. De plus, la coquille sélectivement perméable autorise des échanges gazeux (entrée d’oxygène, sortie de dioxyde de carbone), aussi bien que des sorties d’eau, tout en fournissant une réserve de calcium nécessaire à l'élaboration du squelette.

 

Les comportements incubateurs sont variés, allant de l'abandon de la ponte comme chez les tortues, à la couvaison assidue comme chez la plupart des oiseaux, ou encore la rétention des œufs dans le tractus génital de la mère jusqu'à l'éclosion, comme chez la vipère. Mais comment connaître la température d'incubation des œufs d'animaux sauvages? En mettant un thermomètre dans le nid? Ce serait le plus simple, mais guère possible. La mère crocodile, par exemple, pond ses œufs dans un nid élaboré fait de terre et de végétaux, et les protège farouchement jusqu'à l'éclosion.

 

Pour tenter de répondre à ces questions, une équipe de chercheurs du CNRS et la Ferme aux Crocodiles ont initié une collaboration scientifique, qui a pour objectif de mettre au point un "thermomètre isotopique" en mesurant le rapport entre deux isotopes stables de l'oxygène (18O et 16O) dans la coquille d'œuf et l'os de l'embryon. L'idée se base sur le fait que l'abondance relative de ces deux isotopes dans un tissu minéralisé (os, coquille, dent) est précisément liée à sa température de formation. Ainsi, l'embryon de poulet incubé à 37,5°C ne devrait pas avoir la même signature isotopique que celui d'un crocodile incubé à des températures comprises entre 27°C et 33°C.

 

Pour ce faire, la méthode est mise au point expérimentalement à la Ferme aux Crocodiles en incubant des œufs à différentes températures strictement contrôlées (27, 29, 31 et 33°C). Des prélèvements de coquille et fluides internes de l'œuf seront effectués au début et à mi parcours de l'incubation, ainsi qu'à l'éclosion. Des échantillons de sang seront prélevés à la naissance sous contrôle vétérinaire. Puis des dents usagées seront récupérées dans le bassin au cours des six premiers mois d'élevage. Cet ensemble d'échantillons sera analysé à l'aide d'un spectromètre de masse au pôle isotopes stables du laboratoire de Géologie de l'Université Lyon 1. Ces analyses sont très précises et ne nécessitent que quelques milligrammes d'échantillons.

 

La même expérimentation sera ensuite menée sur des embryons de poulet, mais à une seule température d'incubation, et donnera un exemple d'animaux couveurs à sang chaud.

Grâce aux données ainsi acquises expérimentalement, les chercheurs espèrent établir une série d'équations reliant la signature isotopique des os d'embryons et coquilles d'œuf à la température d'incubation. Ce "thermomètre isotopique" pourra ensuite être appliqué à des animaux sauvages (divers reptiles et oiseaux) à partir de coquilles et d'embryons récupérés dans la nature. Les applications deviendraient alors nombreuses, tant pour les élevages en incubateurs que pour le suivi des populations naturelles.